Archives de Catégorie: Cambodge

Cambodge #2 – Phnom Penh et Battambang

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Le sprint final est lancé, nous voici donc au Cambodge pour les dix derniers jours du voyage. Comme le temps nous est compté, on a sélectionné trois étapes, les deux plus grandes villes du pays et les temples d’Angkor.

On commence par une journée dans la capitale où on retient principalement la visite des camps de torture des khmers rouges où un guide nous retrace l’histoire du pays pendant ces années noires. C’est pas très joyeux mais vraiment intéressant et nous permet dès notre arrivée de mieux comprendre le pays. Le musée est en fait un ancien lycée qui avait été récupéré par les khmers rouges pour torturer ceux qu’ils considéraient comme leurs opposants (c’est-à-dire à peu près tout le monde). Photos, instruments, tombes des dernières victimes retrouvées le jour de la libération et même deux survivants (sur 8 seulement à l’époque) qui dédicacent leurs bouquins dans la cour.

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Ensuite on visite le palais royal, enfin une partie seulement puisque celui-ci est fermé à cause du décès du roi il y a deux mois. Beaucoup de cambodgiens viennent se recueillir devant le palais où est suspendu un poster géant. Des gens vendent des photos du roi un peu partout, l’ambiance est assez spéciale. Les funérailles auront lieu dans trois mois et un chantier immense était en cours juste à côté du palais pour accueillir la dépouille du roi.

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Ensuite départ pour Battambang avec un bus annoncé à 4h dans le guide, 6h au départ et qui finalement en met pas loin de 7. On regrette un peu les bus de nuit birmans qui terminaient toujours avec deux heures d’avance et qui nous faisaient économiser pas mal de temps. À l’arrivée, quand t’es bien usé par ton trajet, les chauffeurs de tuk tuk les plus lourds du sud-est asiatique viennent en rajouter une couche en te harcelant pendant un quart d’heure pour t’emmener dans ton hôtel que tu connais pas encore puisque tu n’as rien réservé.
On se réserve une petite journée dans la campagne autour de Battambang en tuk tuk avec Tong, un supporter du psg qui a l’air bien sympa (même si je doute un peu de son amour pour ce club à l’époque où il terminait 15ème tous les ans). Le lendemain, pas de Tong à l’horizon (ne jamais faire confiance à un supporter parisien!) et c’est Ting le père de Tong qui se pointe puisque Tong est à l’école (genre il le savait pas la veille…). Et finalement je pense qu’on y gagne au change (en dehors des considérations footbalistiques) car l’ami Ting a la cinquantaine et du coup fait partie des gens qui ont vécu la période des khmers rouges.

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On passe une super journée à 15 à l’heure sur les petites pistes de campagne avec notre chauffeur qui s’arrête un peu partout pour nous raconter des anecdotes : le no2 khmer rouge qui a habité dans son village pendant des années avant d’être enfin jugé, les rizières qui ont remplacé les forêts et Ting faisait partie des bûcherons forcés, l’école transformée en pseudo hôpital où il a perdu parents et frères et soeurs… C’est pas drôle mais ça montre à quel point tout le monde à été touché et la population décimée. Entre deux anecdotes historiques, on visite deux temples et des grottes qui étaient utilisées pour tuer les opposants au régime.
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Le lendemain, on prend le bateau pour rejoindre Siem Reap. 9h de trajet sur un bateau surchargé (une quinzaine de personnes forcées de voyager sur le toit en plein soleil). Une rivière tout d’abord avec des villages flottants ou sur pilotis de part et d’autres puis la traversée de l’immense lac du Tonle Sap.
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Cambodge #1 – Vive le douanier Rousseau

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Toute visite au Cambodge commence forcément par le passage de la douane. Je sais pas comment c’est dans les aéroports mais les frontières terrestres ont plutôt mauvaise réputation… On a pu vérifier ça par nous même.
Ça commence donc au départ des 4000 îles (Laos) où il est très compliqué de connaître le prix du visa, la fourchette partant de 21 pour aller jusqu’à 30 dollars pour la version all inclusive proposée par le chauffeur du bus qui s’occupe de tout (le prix normal étant de 20$). On décline bien entendu histoire de voir ce qu’il en est.
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On attaque par le poste frontière de sortie du Laos où petite surprise, le douanier laotien se dit que ce n’est quand même pas juste de voir son pote cambodgien repartir tous les jours avec une valise de billets et du coup réclame 2$ (gagne petit…) pour le tampon de sortie. Des français devant nous, décidés à ne rien lâcher côté bakchiche font plier le gars et du coup on s’engouffre en faisant les mecs qui comprennent pas. Pas si compliqué que ça, première étape franchie.
La deuxième étape ressemble un peu plus à un col hors catégorie avec le douanier cambodgien, (cor)rompu aux ficelles du métier depuis un moment. On nous demande d’abord d’aller faire un tour au service médical, une espèce de tente avec deux filles déguisées en infirmière et une zone de quarantaine. Comme on sait que c’est un attrape couillon et qu’on l’est pas complètement (couillon) on tente d’esquiver en se dirigeant vers le visa sous les menaces du douanier « no doctor – no stamp ».

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Bon, on arrive au visa et là ça se gâte un peu. Le gars nous demande 25$ (20 pour le visa et 5 pour le tampon (= la caisse commune)). On pose les passeports et 20 dollars. Le gars s’énerve (les français d’avant l’avaient un peu chauffé) nous braille dessus et nous dit de nous assoir pour laisser passer les gens. On le laisse se calmer en faisant passer les gens disposés à les entretenir puis il ne reste plus que les récalcitrants et là ça devient rigolo. Il continue de s’énerver et coup de théâtre les 3 douaniers commencent à se déshabiller, ils quittent leurs belles chemises de militaires pour enfiler un vieux marcel bien sale….et ferment le poste sous nos yeux. Là on s’inquiète un peu car on a un bus qui nous attend et ils sont tellement bons acteurs qu’on ne les sent pas décidés à revenir. Le coup de bluff est payant, on ne résiste pas à la feinte de la fermeture, on paye et monte dans le bus.

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La suite du trajet est un calvaire, il fait 40 degrés dans le bus, la clim ne marche pas et crache en alternance la poussière de l’extérieur et de l’eau à la couleur douteuse. Un plaisir. Douze heures plus tard et avec deux heures de retard, nous voici à Pnomh Penh, bien au bout du rouleau.