Archives Mensuelles: octobre 2012

Bilan Népal

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Et voilà, toutes les bonnes choses ont une fin et nous voici dans l’avion en direction de Kuala Lumpur pour faire le bilan Népal après 25 jours très réussis.
On dit revoir aux montagnes qu’on aperçoit depuis le hublot au dessus des nuages.
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Comme on a bien apprécié les infos un peu générales du Juls et d’Anne sur les pays méconnus qu’ils ont visités, on va essayer à notre tour de vous faire découvrir un petit peu des pays dans lesquels on passe. Ça tombe bien ils sont différents. Ce ne sera pas un cours magistral, juste une tentative de résumé en quelques lignes des faits marquants de ces pays.

Le Népal nous a pas mal surpris. C’est un pays dont on entend peu parler aux infos (sauf 15j avant le départ avec une avalanche au Manaslu et un crash aérien ) et du coup nous en avions l’image d’un pays surfant sur le tourisme de masse lié au trekking. Et ben en fait pas du tout. Le Népal est un pays qui a le plus grand mal à se développer et on se demande même où passe l’argent du tourisme. À l’indice de développement humain de l’ONU, le Népal est classé 142ème sur 177 derrière un pays comme le Bangladesh et devançant seulement 3 pays asiatiques.
Le principal frein à sa croissance a pendant longtemps été son instabilité politique. Le Népal n’est une démocratie que depuis 1990, et depuis ce moment là, le pouvoir est partagé entre le roi et le parlement. À priori le roi faisait plutôt du bon boulot jusqu’à ce que son fils rond et très fâché de ne pouvoir épouser la femme de ses rêves viennent le zigouiller lui et 9 membres de leur famille avant de se suicider (2001). Comme il était pas tout à fait mort, il hérita du trône pendant ses deux jours de coma avant de mourir à son tour. Depuis, neuf gouvernements se sont succédés en dix ans (avec un premier ministre qui y fait trois passages). Dans ce même laps de temps, le roi a même repris le pouvoir un temps avant de se faire dégager de nouveau. En parallèle, des membres de l’extrême gauche, les maoistes (un poil plus modéré que leur nom ne l’indique) qui en avaient assez de ces échecs multiples ont monté une milice et ont déclaré la guerre du peuple sur la base de 40 revendications. Ce fut le début de dix ans d’insurrection dans le pays jusqu’à leur arrivée au pouvoir par la voie des urnes et le départ du roi en 2008. Vous aurez compris que c’est un poil plus mouvementé que les séances de sieste de l’hémicycle. Et du coup ben pendant dix ans rien n’a bougé ce qui fait qu’un pays déjà en retard devient mal en point.

D’autres éléments rendent les progrès difficiles : le relief notamment qui complique l’accès à l’éducation et aux soins pour les nombreux villages des montagnes. Si on y ajoute la fonte des glaciers qui fait monter le niveau des lacs naturels et laisse planer le risque d’inondations gigantesques le jour où une rive cède, ou encore le risque sismique fort même s’il n’y a pas eu de grosse secousse depuis 1934. Ça fait pas mal de difficultés à surmonter pour ce petit pays.

Mais le Népal c’est aussi un nombre d’ethnies incroyable qui cohabitent plutôt bien. Les sherpas sont les plus connus en Europe, mais notre guide était un gurung et les tibétains sont aussi nombreux. Deux principales religions (bouddhisme et hindouisme) qui se vouent un respect mutuel important (un peu comme chez nous…). Des reliefs comme nul part ailleurs avec 8 des dix plus hauts sommets du monde (tous au dessus de 8000m) des parcs nationaux avec des espèces en voies de disparition (tigres, éléphants)…

Voilà, après cette petite session culture générale qui vous permettra j’en suis sûr de briller un peu lors de votre prochain dîner mondain, il est temps de faire notre petit bilan perso.

Bon, vous avez bien compris qu’on a vraiment aimé ce pays qui a fort bien lancé notre périple. Faut dire qu’on y a trouvé tous les ingrédients d’un bon voyage :

1) Une population accueillante et très attachante. On a eu beau chercher, on a eu du mal à trouver des gens désagréables sur le séjour. On a été invité à des apéro, sur un toit à Patan, chez notre guide… Bon, il faut s’assoir un peu sûr la rigueur européenne en ce qui concerne l’organisation et les horaires mais comme on avait le temps ben on s’y est bien fait. Un autre point positif est leur très bonne maîtrise de l’anglais qui permet d’avoir des conversations intéressantes (un monde d’écart avec le Myanmar d’où j’écris ce bilan). Gros coup de coeur donc pour les népalais
Accueil au homestay à Tikot avec des colliers de fleurs
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2) De la bonne bouffe: tant sur le trek que dans la vallée de Katmandou, on a vraiment bien mangé. L’indicateur tourista n’a pas décollé et même si je perd un peu plus mon falzard qu’avant, je pense qu’on a bien limité la casse en terme de perte de poids (pas de données chiffrées à se mettre sous la dent).
On a pas mal varié les plaisirs (cuisine chinoise, tibétaine, népalaise, une pizza de temps en temps) et on a rapidement délaissé les restaus du lonely pour des petites gargottes dans lesquelles on a vraiment bien mangé pour quelques euros et surtout on y a croisé des népalais bavards. Le seul bémol à la jouer locale, ce sont les épices. On s’est fait piéger quelques fois.
Quelques classiques du séjour :
– le daal bhaat bien entendu, déjà décrit pendant le trek : du riz, de là soupe de lentilles, des légumes variés en fonction de ce qu’ils ont sous la main et détail important, c’est servi à volonté… Notre guide et notre porteur en ont mangé midi et soir pendant 16 jours. Le parfait repas d’un soir de rando. Les meilleurs daal bhaat ont été ceux servis dans les homestays au cours du trek.

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– pain tibétain et lemon tea : on s’est un peu cherché au début du trek pour le petit dej. Kumar nous a fait un peu tout goûter. Le porridge (bof), le pancake (un peu lourd quand faut marcher 15minutes après) et du coup on a adopté le pain tibétain qui nous a suivi tous les matins, avec son avalanche (de desserts?) de miel. Pour le lemon tea, c’est juste un peu de pulco qui permet d’adoucir un peu le thé noir qu’on te sert douze fois par jour.
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– les momos : pilier de la cuisine tibétaine, le momo est un ravioli fourré à la dinde, au poulet, au buffle ou végétarien.
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3) de la montagne comme on l’aime. Des paysages incroyables, des altitudes de 4000m où la végétation ressemble à ce qu’on trouve chez nous à 1500m. Mais ça on vous l’a décrit dans l’article du trek.

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Népal#6 – La vallée de Katmandou

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Petit tour d’horizon des principaux sites vus pendant nos 5 jours autour de Katmandou.
À l’époque ou le Népal n’était pas unifié, plusieurs petits royaumes de la vallée se tiraient la bourre pour avoir de plus beaux monuments que leurs voisins. Ils ont donc mis le paquet notamment sur les alentours du palais royal : le durbar square.

On était en pleine période de la fête de Dasain, célébration de la victoire de la déesse Durga contre les forces du mal (à ne pas confondre avec Duga, qui a mis la tête contre l’afrique du sud en 98 avant de tirer la langue aux forces du mal, les journalistes de l’équipe). Du coup le monde dans les rues était à peu près aussi important qu’un premier jour de soldes au centre commercial de la part dieu. On a eu le privilège d’assister aux préparatifs de cet événement qui se fête en famille (un peu comme noël chez nous). Pratique d’être un géant ici, on se retrouve de loin avec Caro.
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Bakhtapur et son atelier boucherie : ville entière de brique rouge à l’ancienne. Les ballades dans les petites rues et l’ambiance générale de la ville ont plus retenu notre attention que le durbar square en lui même.
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À quelques jours de Dasain qui semble être un des seuls jours où tout le monde mange son morceau de viande, les népalais étaient très occupés à se partager le buffle qu’ils venaient de tuer. Les ustensiles : une petite machette pour la découpe, un morceaux de bois qui sert de planche à découper et une petite bache bleue posée par terre et arrosée d’eau de temps en temps pour que les conditions d’hygiène soient optimales… On a croisé un français qui a fini végétarien après avoir assisté à tout ça.
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Sinon on retiendra le fameux yaourt de Bakhtapur, un long débat sur le pouvoir au Népal avec deux étudiants locaux et nos premiers pas en bus local, un vrai défi pour le touriste.
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Katmandou ou le bordel permanent : Katmandou est une ville incroyable par son activité. Les motos slaloment entre les piétons tout en klaxonnant en permanence. Des qu’une voiture s’aventure dans les rues du centre, embouteillage assuré.
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Heureusement que sur les 3 jours qu’on y a passés, il y en avait deux à moitié fériés sinon je crois qu’on aurait vite pété un plomb. On a donc visité le Durbar square et le stupa de Swayanbunath (monument bouddhiste) qui surplombe la ville.

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Gros avantage de Katmandou où se déverse l’ensemble des touristes partant en trek ensuite : la nourriture est variée et on y mange super bien. On s’est régalé pendant tout le séjour en alternant les restaus du quartier touristique et les gargottes improbables de centre ville. On s’est même trouvé une petite adresse avec un crumble qui est encore dans nos mémoires.

Le dernier jour, on se ballade au milieu d’une interminable file de népalais qui attendent pour aller prier dans un temple hindou ouvert à l’occasion de Dasain.

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Surpris par un attroupement, on se rapproche et on tombe sur un sacrifice d’un buffle et d’une chèvre. Il nous semblait bien que c’est ce qu’on avait essayé de nous expliquer la veille. Y a pas mal de rituels où ils décorent un peu la chèvre avec des fleurs et de la poudre et puis ensuite l’équipe d’intervention des découpeurs en marcel blanc (un peu les sosies des pizzaiolos chez nous mais avec une tête de chinois) se ramène avec la machette et hop terminé… Enfin pas tout à fait, ça remue encore quelques secondes… Assez étonnant et pas hyper motivant juste avant le petit déjeuner. Mais bon apparemment c’est la tradition ici en ce jour de veille de Dasain. On retombera sur un attroupement similaire dans un temple l’après midi à Patan. Ça découpe à tour de bras.
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Patan, du rab de Durbar square: encore un durbar square (piéton cette fois ci) avec ses temples et son palais. On a bien apprécié la petite session de photos nocturnes à Katmandou la veille, du coup on s’y promène dans l’aprem avant d’attendre la tombée de la nuit. On se dit que la vue doit être pas mal depuis les toits, du coup on cherche un moyen de monter sur une terrasse. On tombe sur un étudiant qui nous dit qu’il y a un café mais que de chez lui c’est pas mal aussi. Du coup on le suit jusque sur son toit où on retrouve une dizaine de ses potes en train de boire des binouzes en jouant des liasses de billets (de 10 et 20 centimes d’euros…) à une sorte de poker local. Autour, sur chaque toit, des enfants jouent avec des cerf-volants. La clameur grimpe dès que notre hôte et ses potes deréussissent à récupérer le fil d’un cerf-volants voisins. On prend quelques photos, quelques gorgées de bière et on rentre sur Katmandou bien content de cette petite virée. Caro a 3 nouveaux potes facebook…je me demande bien ce qu’ils vont se dire.
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Bodnath, la ville du Bouddha : pour notre dernière nuit au Népal et comme petit à petit tout a fermé à Katmandou, on file se reposer à Bodnath, un petit village bouddhiste tout proche. Le village s’articule autour d’un stupa et est composé de nombreux monastères. On en a déjà visité quelques uns.

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Beaucoup de moines sont des réfugiés tibétains. On en croise pas mal dans les rues en tenue traditionnelle. C’est super paisible et du coup pas mal de gens semblent venir ici pour se ressourcer.

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Le pic d’activité se situe au coucher du soleil où tous les pratiquants viennent faire plusieurs fois le tour du monument, tous dans le sens des aiguilles d’une montre. Les plus pratiquants (ou les plus sportifs peut être) font même le tour en effectuant un espèce de mouvement répété qui s’apparente un peu à une pompe. J’hésite à les rejoindre en pensant avoir découvert le secret du pectoral positif, puis me ravise, c’est l’heure d’aller manger.
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Depuis Bodnath, on fait également un tour à la rubrique nécrologique au temple de Pashupatinath, lieu où les hindous réalisent leur crémation au bord d’une rivière sacrée. C’est à l’opposé de ce qu’on peut voir chez nous et assez pauvre en cérémonial. On retrouve un peu les rites vus avec la chèvre de Katmandou puis le corps dans son drap est placé sur un bûcher.

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Népal #5 – Le chassé croisé des Népalais

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Pour notre retour de Pokhara, zone de départ des treks vers l’annapurna et deuxième ville du pays, nous avons eu le privilège d’assister au fameux chassé croisé juilletistes-aoutiens version locale.
Les conditions essentielles à un bordel sans nom étaient réunies :
– Premier samedi de leur période de congés annuels la plus importante pour célébrer Dasain, fête religieuse qui se rapproche un peu du noël chez nous
– Une route reliant les deux principales villes du pays (L’A1 locale) qui ressemblent plus au col du galibier qu’à une autoroute
– Une proportion de bus et de camions proche de la moitié tous surchargés.
– Le plus important pour que la sauce prenne, un camion en panne et en cours de réparation sur la route tous les kilomètres.
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Népal #4 – Le coiffeur masseur

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De retour du trek après 16jours de marche, on décide de se faire une petite aprem à la cool à Pokhara. Ça commence par une mission barber pour moi avec l’objectif ambitieux de commander la coupe + la beubar. C’est toujours un gros sacrifice de se faire couper les cheveux par quelqu’un d’autre que le pater mais je le tente quand même surtout qu’on trouve le barbier officiel de l’olympique de Marseille.
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Caro me négocie un petit forfait intégral à 300 roupies (dans les 3€) et c’est parti. Ça se passe plutôt pas mal mis à part le fait que la taille du garçon coiffeur lui pose quelques soucis pour faire le dessus du crane et qu’il a un peu transpiré dans son marcel orange.
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Il attaque un petit massage de crâne mais comme c’est pas inclus dans le forfait et que la suite du programme prévoit une petite session relaxation, on coupe court à ce massage viril.

Bon donc la suite vous l’aurez compris c’est un petit trekker’s massage d’une heure. On arrive là bas non sans avoir essuyé une petite averse pokarienne (une habitude mais cette fois ci on avait les ponchos) et le gars commence par nous expliquer que la masseuse titulaire n’est pas là et donc ce sera lui et un autre gars. Caro me regarde du coin de l’oeil et valide l’option massage par un mec. Le gars nous dit d’attendre un peu et il part sur son scooter, probablement pour aller chercher le sixième homme. Il revient au bout de 10 minutes avec le remplaçant et devinez qui débarque? Le coiffeur! Il a bien essayé de nous tromper en troquant son marcel orange par une chemise blanche mais on ne nous la fait pas. Sa petite moustache de fan de Cabrel nous met là puce à l’oreille. Du coup je récupère mon nouvel ami pour un massage qui ne restera pas dans les mémoires mais au moins on se sera bien marré. J’ai même réussi à poser avec lui pour une petite photo souvenir.
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Népal #3 – le trek

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          Le trek au jour le jour le jour :

          1- Galeshwar (900m) – Banskharka (1526m) – 650m+ / 2h
Une première étape digne de toutes les premières étapes de trek qui partent tard du fait du temps de transport et bas en altitude : il fait chaud et surtout très humide. On transpire pas mal, m’enfin pas autant que notre porteur qui semble un peu limite avec ses converses lui le garant de l’orientation (voir épisode précédent).
Le chemin serpente en forêt et on trouve déjà nos premières marches (ça va devenir une habitude). Ces chemins étant les seuls accès vers la vallée pour les villages dans lesquels on dort, ils ont été aménagés pour être accessibles surtout pendant la période de mousson.
L’arrivée au village dissipe nos premiers doutes. Le village est superbe et on est reçu comme des rois.
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Le confort des chambres nous surprend en bien (en même temps depuis la veille on s’attendait au pire pour tout). Petit coup de main à la dame qui nous accueille pour aider à la préparation du daal bhaat, le plat local qui se compose d’une plâtrée de riz, d’un petit bol de soupe de lentilles (info qui va faire saliver un certain nombre de randonneurs) et de légumes divers.
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La cuisine/salle à manger de la maison est en fait une pièce de 2m par 7, avec dans un coin un feux de bois qui sert à là fois de cuisinière et de chauffage.
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On passe une soirée très conviviale avec là famille qui nous accueille. Une des filles de 20 ans parle un peu anglais ce qui facilite pas mal les choses. Sinon Kumar se démène pour faire le traducteur. On se couche conquis par ce trek communautaire et bien plus serein que la veille à la même heure.
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        Banskharka (1526m) – Nangi (2300m) – 850m+ / 5h
Agréable surprise au réveil avec la vue sur le daulaghiri entre les orangers.
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Après ces deux jours de rêve à Pokhara, on n’en espérait pas tant dès le premier levé.Les faces enneigees sont impressionnantes. Décollage vers 8h30 pour une première partie d’étape qui grimpe pas mal. On est en forêt tout le long donc on transpire un peu moins que la veille. On débouche sur un village avec vue dégagée sur les alentours. La pause repas est magnifique.
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Derrière on reste à niveau jusqu’à Nangi, un village assez important qui est à l’origine du projet de désenclavement de la vallée. Ça a démarré avec le lycée et la clinique et plus récemment, ils ont créé ce trek et les lodges qui vont avec. Sur le site (www.himanchal.org) ils annoncent 110 trekkeurs sur 2010-2011 (l’équivalent de fréquentation quotidienne au camp de base des Annapurnas). Ça démarre donc tout juste. Premier contact avec un lodge communautaire qui prend la forme d’un petit monastère. Une fois de plus, bien plus confortable que ce qu’on avait imaginé.
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On part se promener tout seul et on rencontre Teechra le responsable du projet communautaire et un prof de sport qui nous fait visiter l’école et l’internat : ça ressemble à l’Insa sauf que chaque chambre de deux est une cabane en bois (sympa l’hiver…) et que les bâtiments A (les filles) et B (les mecs) sont séparés par une clôture de 2m de haut à base de barbelés rouillés. Un bon moyen d’éviter que ça fricotte entre étudiants… On rencontre également nos premiers touristes qui permettent de démarrer le touristométre (à ne pas confondre avec le compteur tourista toujours vierge lui) : deux étudiants Népalais en vadrouille 3jours et une bénévole australienne qui a pour mission de ranger la bibliothèque du village. Je compte une demi part chacun ce qui nous fait 1,5 touristes croisés en 2 jours de trek et pas un chat pendant la journée de marche. Très appréciable.
On poursuit le tour du village et on retombe sur Kumar qui nous emmène prendre l’apéro chez une dame qu’il a vu il y a 6 ans (je le soupçonne de l’avoir un peu plus que vue mais bon…). Alcool de millet et viande sèchée autour du feu: premier apéro local. On rentre un peu rond au lodge juste avant la nuit en se remémorant les moments de stress à Pokhara…
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Finalement Kumar est super attachant et nous fait vraiment découvrir toute la culture locale. Il commande toute la nourriture pour nous et à chaque fois c’est local et différent. Pour savoir ce qu’on peut manger, une technique très simple : quand il dit « tu peux goûter mais juste un petit peu » moi j’entends « teste mais demain tu risques de le payer au prix fort ». Et ça marche plutôt pas mal. En résumé on se régale ce qui n’était pas du tout attendu.

Nangi (2300m) – Mohare Danda (3300m) – 1000m+ / 4h30
De nouveau une vue bien dégagée au réveil. Montée principalement en forêt jusqu’à Mohare Danda, un lodge communautaire isolé sur une petite colline face à la chaîne des Annapurnas.
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Bon à notre arrivée c’est dans les nuages mais Kumar nous assure que demain matin ça devrait le faire. On retrouve le prix Nobel de la paix asiatique croisé la veille à Nangi ainsi qu’une bénévole américaine qui bosse avec lui sur le développement des cliniques dans ces villages reculés (et fait monter le touristometre à 2 unités selon le barème vu la veille). Cette colline sert de relais au signal internet permettant à la clinique de Nangi de communiquer avec Pokhara et dispose du coup d’une antenne…et d’un spot wifi. On en profite pour réserver deux-trois hôtels  (escale à Kuala, première nuit à Yangon) et dans le froid polaire puisque ça ne fonctionne qu’au pied de la tour, on envoie quelques news aux parents. On ressent bien les 3300m, la température a pris un sacré coup. On profite du repas pour discuter avec la bénévole américaine qui nous décrit les différents projets menés de front (école, clinique, lodges et développement touristique de la région).

Mohare Danda (3300m) – Tikhot (2300m) – 250m+ / 1250m- / 6h
Réveil 5h45 pour voir le levé du soleil. Vue sur l’annapurna sud, daulaghiri, macchapuchare un black tea dans les mains. Le réveil vaut la peine, même Caro est de la partie. Ensuite selon les consignes du briefing de Kumar qui en plus de nous rappeler chaque soir de bien prendre les lunettes et la crème solaire nous a cette fois ci demandé de temporiser puisque le seul lodge en chemin est à 1h30. Donc on profite de la vue jusqu’à 9h puis départ sur une crête et descente en forêt vers le lodge… fermé. Du coup on poursuit en forêt encore deux heures avant un picnic de fortune, deuxième boite de sardines à la tomate en deux jours, on y laisse une partie du mental. La descente interminable continue (6h en tout) et se termine difficilement sur une espèce de piste pas terrible. À noter en chemin: un petit lac et une équipe de vautour qui nous tourne autour. À part ça pas grand chose. Pas la meilleure étape du parcours.
À Tikhot,  deuxième (et dernière) nuit chez l’habitant. Une dame très sympa mais qui ne parle pas un mot d’anglais. On visite un peu le village mais moins de bonnes surprises que les jours précédents. On se couche bien vannés par cette longue descente et ce réveil aux aurores.

Tikhot – Shvanta (2300m) – 750m+ / 750m- / 5h
Comme chaque matin vue magnifique (daulaghiri, nilghiri et baha sikar) et belle lumière dans le village.

L’option pas de black tea après le repas s’avère payante, on a plutôt mieux dormi que d’habitude. Chemin en balcon et encore (et encore) quelques volées de marches. Passage dans plusieurs villages maghar.
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La nouveauté du jour c’est le touristomètre qui explose puisque vers midi on croise la route du tour des Annapurnas. Des japonais avec des masques (pour la pollution??) et des gants de vélos, des suédois, des gens bizarres, une casquette d’apiculteur… Beaucoup trop d’un coup après 4 jours de sevrage complet.
Le temps d’un repas et on retrouve la quiétude de notre trek communautaire jusqu’au village de Shvanta. Bon y a quand même un couple d’allemands qui se pointe un peu après nous. Damn, on n’est plus seul.
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La ballade dans le village se termine en écossage de pois gourmands avec deux femmes du village et les enfants qui jouent autour. Elles nous donnent rendez vous pour l’apéro (=le thé) à 18h. Sympathique rencontre et sans le guide ce qui n’est jamais évident…
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En attendant on va au lieu névralgique de tout village à cette heure là : la cour d’école et son terrain de basket. Petite partie de volley avec les jeunes du coins, deux porteurs et Kumar. Ça joue encore une fois très bien (à part Kumar qui fait exception).
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L’apéro ensuite est sympa, même si Kumar un poil bavard et en mode offensif avec notre jeune hôte monopolise un peu la conversation. Deux pizzas végétariennes plus tard et nous voici couchés après avoir appris la terrible nouvelle : les germains font également le trek communautaire. Nous ne sommes plus seuls au monde 😦

Swanta (2250m) – Dhankharka (3026m) – 800m+ – 3h30
Étape courte mais quasiment que de la montée. Finies les marches, on quitte les villages pour la haute montagne. Quasiment tout en forêt et très humide, je fais l’expérience de la sangsue sur le mollet… sympa mais sans plus. Un petit coup de désinfectant plus tard et nous voici au lodge de Dankharka tout en vieille pierre.
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On en profite pour faire la connaissance de nos amis allemands. Le mec affichait un tee shirt marathon différent chaque jour, ça ne pouvait qu’être un gars bien.
Un français nous rejoint également et monte jusqu’au lac. Un chambérien qui a fait l’ECAM à Lyon et qui termine un périple de 8 mois. On a bien sympathisé pendant les 3 jours en commun. Le touristometre grimpe mais ce sont des gens plutôt agréables et puis à 3000m y a plus trop de villages pour aller prendre l’apéro donc on discute et on bouquine.
Au cours de la soirée, Kumar sort à ma demande la carte du coin puisque le surlendemain, ni lui ni le porteur ne connaissent le chemin. Une carte au 1/150 000 (les connaisseurs apprécieront la précision) et on cherche le lac Khair terme de l’étape qui se trouve autour de 4300m d’altitude. L’occasion de se rendre compte 1)que malgré sa non connaissance du parcours, il n’a jamais ouverture la carte 2) qu’il ne sait pas lire les courbes de niveau. Il sort un bout de papier griffoné lors d’un de ses cours. C’est marrant d’un côté et en même temps y a des moments où on se sent plus compétent que lui et ça c’est un peu moins marrant.

Dhankharka (3026m) – Khopra ridge (3700m) – 650m+ – 3h00
Une montée sèche de 650m pour rejoindre le lodge de Khopra situé sur un éperon rocheux à 3700m d’altitude face au Daulaghiri. Gros coup de moins bien de Caro qui nous fait le coup du mal des montagnes… à 3200m. On arrive tant bien que mal au lodge pour se reposer et tenter les remèdes locaux : thé au gingembre et soupe d’ail. Ça va rapidement mieux (à part côté haleine…) sans qu’on sache vraiment si c’était lié au stress, à une mauvaise digestion du pancake matinal ou à l’altitude.
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Le lodge sert de ferme pour les troupeaux de yaks, une espèce de vache des montagnes un peu poilue pas très esthétique.
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On y trouve également un nouveau spot wifi qui bat le record d’altitude du précédent et nous permet d’envoyer quelques news.
Dans l’aprem, on monte un peu sur le parcours du lendemain pour faire un peu d’acclimatation et surtout pour rassurer Caro. On rentre juste avant l’orage de grêle et on trouve notre salle commune squattée par 18 espagnols qui campent à côté. Le touristometre meurt sur le coup. Du coup on file dans la cuisine avec les guides au coin du feu et on participe au débat sur la durée de l’étape du lendemain annoncée à 700m de D+ et 5h ce qui nous paraît beaucoup. Notre guide n’a pas trop d’avis vu qu’il n’est jamais monté là haut. On verra bien demain.

Khopra – Khair lake (4300m) – Khopra : 900m+ / 900m- / 9h
On demande au guide de partir à 5h pour pouvoir profiter au maximum du ciel dégagé et éviter de se prendre la pluie là haut. On décolle en même temps que Pierre-olivier et son guide qui présente le bon côté d’avoir déjà vu le lac. Démarrage de nuit à la frontale au milieu des yaks. Ça s’illumine environ 30 minutes plus tard, le ciel est dégagé et l’averse de la veille a blanchi tout le paysage.
On arrive en 3h au camp de base de l’annapurna sud planté au milieu d’une belle vallée.
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C’est là qu’on attaque là grosse montée puisque jusqu’ici c’était pas très raide. L’occasion de poser une grosse banderille qui à 4000 te montre rapidement tes limites respiratoires et physiques. Du coup j’arrive au lac une petite heure avant le groupe et en profite pour grimper au petit temple qui surplombe le lac sacré (4500m).
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Une bien belle étape qui restera dans nos mémoires surtout vu la descente interminable qui nous attend. On pioche un peu et ça se termine au mental pour tous les deux (les séquelles de la banderille). On a eu pas mal de chance avec la météo puisque ça se couvre bien plus tard que d’habitude et on fait quasiment l’ensemble de nos 9h de rando (les locaux avaient raison pour le temps de marche…) sous le soleil. Coucher à 20h pour une nuit de repos bien méritée après cette étape marathon.

Khopra – Bayali (3500m) : 200m+ / 450m- / 3h30
Bayali – Tadapani (2600m) : 250m+ / 1050m- / 4h
Deux étapes de transition pour rejoindre le chemin menant au camp de base des Annapurnas, deuxième partie de notre trek. Bayali est le dernier lodge communautaire du parcours et donc le dernier où on est quasiment seul (un pilote d’avion anglais qui chante tout le temps et qui porte un bonnet angry birds est avec nous). Deux petites journées pendant lesquelles on récupère bien, on passe les après midi à dormir et à bouquiner.

Tadapani – Bamboo (2300m) : 900m+ / 1200m- / 6h
Grosse matinée avec 5h de marche. On descend deux fois en fond de vallée traverser des rivières pour remonter ensuite.
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On traverse le gros village de Chomrong où le chemin prend des allures de Lyon urban trail avec ses montées/descentes de marches interminables.
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Un bon entraînement pour 2013. À partir de là, on est dans la vallée qui mène au camp de base et du coup le retour se fera également par ce chemin.
On mange à Shika pile au moment où une averse arrive. À se demander si le guide est un fin météorologue ou juste un brin chanceux (et nous avec lui). On termine jusqu’à Bamboo avant que la pluie ne reprenne.
À Bamboo on passe une bonne soirée avec deux groupes de français : un duo qui monte et un trio qui descend. Parmi le trio un couple de kinés qui en rentrant de la Réunion pour aller bosser en France se fait un petit périple. Là ils venaient de passer deux mois en Mongolie et un au Népal. Le mec à perdu 10kgs et est un peu creusé. Petit clin d’oeil à Caro qui m’imagine pas trop avec 10 kilos en moins. Moi non plus d’ailleurs du coup je me jette sur les beignets aux pommes.
On apprend également au cours des discussions qu’il fait super froid au camp de base et qu’un duvet 0 degré est indispensable voire un -10. On est au top avec notre confort 15 degrés de chez Decat (mon sponsor officiel). On retourne voir Kumar pour bien lui rappeler de nous choper des couvertures à chaque lodge.

Bamboo – Deurali (3200m) : 900m+ / 4h
Malgré nos relances multiples depuis 2 jours, nous n’avons toujours pas de chambres réservées pour les deux nuits qui viennent alors que c’est quasiment tout complet. On sent l’ami Kumar un peu stressé, ce qui ne lui ressemble pas trop et du coup ne nous rassure pas des masses. L’agence n’a rien réservé sur la deuxième partie du parcours sans qu’on comprenne bien pourquoi vu que c’est ici qu’on en aurait eu besoin. Comme le téléphone ne passe pas, Kumar part devant pour réserver là chambre et nous laisse avec le porteur. Le sentier grimpe à travers une forêt de Bamboo en longeant le torrent qui serpente au fond d’une vallée étroite. Des cascades l’alimentent depuis les sommets.
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Deurali – Camp de base des Annapurnas (4100m) : 900m+ / 4h
On décolle les derniers toujours au fond d’une étroite vallée. On met un peu de temps à retrouver le soleil. Petite pause lemon tea au camp de base du Macchapuchare qui marque là moitié de l’étape. La vue est déjà vraiment sympa d’ici.
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Malheureusement comme d’habitude ça se couvre et on termine la montée dans les nuages. La vue du sanctuaire sera pour demain matin. Après midi lecture emmitouflés sous la couette.
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Pendant le repas, la neige se met à tomber. On échange 3 mots avec deux couples russes qui nous font goûter un peu tout ce qu’ils ont trimbalés jusqu’ ici (fromage fumé, pines de pin). L’occasion de me rappeler que j’ai bien tout oublié de mes 5 ans d’apprentissage du russe…

Camp de base des Annapurnas – Bamboo (2300m) : 1800m- / 4h30
Réveil 6h pour voir le levé du soleil dans le sanctuaire au milieu de tous ces sommets prestigieux. Pas de bol, premier matin où les nuages sont de la partie. Ça se découvre un peu vers 8h mais du coup ça nous marque moins que ce qui nous avait été vendu par les trekkeurs qui descendaient.
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On rentre prendre le petit dej et c’est parti pour 1800m de descente sous un ciel menaçant. Arrivée à Bamboo en début d’aprem. On retrouve le duo de français (Stéphane et Bruno) croisé ici même à la montée. Petite discussion voyage au long cours puisque Bruno qui travaille à Dublin a déjà claqué deux sessions de 8 mois. Celui-ci, fervent lecteur de l’équipe, me rappelle également que ce soir c’est Espagne-france en foot. Bof…. Ça me manque vraiment pas.

Bamboo – Gandruk (1950m) : 700m+ / 1050m- / 6h
De nouveau le double passage en fond de vallée avec les successions de marches. La montée principale dans Chomrong se fait à 11h sous un soleil de plomb.
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On s’arrête dans un lodge au sommet et on se mange un petit steak de buffle avec une belle vue sur toute la vallée qu’on vient de descendre.
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C’est notre premier morceau de viande depuis 12jours… La pause s’éternise un peu et derrière ce n’est pas évident de repartir. On monte puis effectue le deuxième passage en fond de vallée de la journée avant la dernière remontée. On arrive dans un village typique du coin (ethnie gurung) vers 16h. On a un peu souffert et on est bien content d’en terminer. Le grupetto représenté par une chinoise survoltée nous a même eu en ligne de mire à un moment. Mais j’ai envoyé un petit « pas moyen de se faire doubler par une chinoise, je ne m’en remettrais pas » qui a rendu un peu de motivation à Caro (même si elle m’a répondu un petit truc du genre « ta gueule ». Au passage on émet quelques doutes sur leur mesure des dénivelés. Faudra vérifier tout ça en rentrant.
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Plus qu’une demi-journée de descente et le trek sera bouclé. Dernier brieffing en mode larme à l’oeil de Kumar qui nous souhaite le meilleur pour la suite. Il tente même de faire parler notre porteur hyper timide qui se referme avant de lâcher un petit « bon voyage » en népalais. Il nous invite à venir manger chez lui à notre retour à Katmandou. De notre côté on lui rappelle ce qu’on a bien apprécié à ses côtés : son contact facile et agréable avec nous et surtout avec les gens qu’on a croisés un peu partout. Un guide vraiment sympa et très attachant avec sa bonne humeur permanente. Ses brieffings en français ont eu un franc succès auprès de nous et des autres français croisés dans les lodges. Le fameux : « bien sur il faut mettre le lunettes de soleil et crème solaire » répété tous les soirs restera dans les annales comme l’info cruciale du trek.

Gandruk – Birethanti (1100m) : 850m- / 3h30
La der des der après 16jours de marche. Ça commence par une petite visite du village vu qu’on n’en avait pas trop profité la veille. Un village traditionnel aux maisons de pierres qui nous rappelle nos premières nuits chez l’habitant. Puis longue descente au milieu des rizières sous un soleil de plomb. On rejoint la route et le taxi qui nous attend pour aller à Pokhara. On croise quelques randonneurs tout frais et bien propre sur eux qui attaquent tout juste alors que pour nous c’est la fin. Un peu fatigués mais aucun pépin physique à signaler. Le périple peut continuer…
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Népal #2 – le départ en trek

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         Nous avons réservé ce trek de France via une agence réputée sérieuse (antenne locale de club aventure) en demandant 15 jours sortant un peu des sentiers battus histoire de voir du pays plutôt qu’une succession de villages ne comprenant que des lodges. On partait sur le tour du manaslu mais l’agence nous a proposé un petit trek tout nouveau monté en association avec des villages de la région de l’Annapurna. Le descriptif annonçait en alternance des nuits en lodge communautaire et des nuits chez l’habitant. Notre fibre associative a fait le reste… en route pour l’aventure.

          Le guide doit donc passer nous voir à notre hôtel à la veille du départ pour faire connaissance et nous présenter un peu le trek. Il se pointe à 16h, et nous paraît plutôt sympathique même s’il fait un peu jeune et qu’il nous avoue n’avoir jamais fait ce trek qui est tout nouveau et hyper peu fréquenté (en même temps c’est ce qu’on cherchait) et du coup ne pas connaître le parcours. Il ne s’attarde pas et nous donne rdv pour le vrai brieffing à 19h.

         Entre temps on se met un peu à psychoter : qu’est ce qu’il se passe à 4000 si on prend un déluge comme on en prend chaque soir à Pokhara et que le guide ne connait pas le coin? En relisant le descriptif des étapes, on se rassure pas tellement. On voulait de l’aventure, on va être servi. Il a bien tenté de nous rassurer en nous expliquant qu’il avait demandé un porteur local qui connait la route mais bon… on se dit qu’on va le cuisiner un peu le soir pour s’assurer qu’il est compétent.

         Manque de pot, l’ami kumar ne viendra jamais…. Encore un bon point pour lui. Attention ce n’est pas terminé, il a plus d’un tour dans son sac le Kumar. À sa décharge, à 19h on est en plein dans la tempête (voir article précédent). On attend 30 minutes (une activité que j’aime au plus haut point…) et on décolle manger puis au retour on essaye de l’appeler en vain. Du coup on devra attendre le lendemain pour tenter d’y voir plus clair. On n’est pas au mieux au niveau stress et la nuit s’annonce compliquée.

          Le lendemain 7h, ça toque à la porte, nos sacs sont prêts pour le départ et Kumar remonte un peu dans notre estime avec cette magnifique arrivée à l’heure. Un scoring inutile malheureusement puisque c’est pour nous annoncer qu’il n’est pas venu hier (ah bon!!) mais que le briefing n’était pas très important car il ne connaissait pas le parcours… Et bim, un tacle au genou et alors qu’on est à terre, il en remet une couche en nous annonçant un départ pour 8h30 car là il part déjeuner… J’aurais pas aimé voir nos gueules à ce moment là. Caro me rappelle le message de sa maman : « si tu le sens pas, tu n’y vas pas ». Bah là typiquement on le sent pas trop mais on décide de se laisser un peu de temps de réflexion sur les premières étapes qui sont peu engagées (comme l’ensemble du trek finalement) histoire de laisser une chance à là valise de billets qu’on a lâchée à l’agence.

         Maheureusement pour nos nerfs, ce n’est pas fini, le grand chelem est dans les cordes de notre guide : départ en taxi qui sort de hôtel et là je me rappelle que la veille la réception nous a parlé d’un paquet pour notre guide. Ne le voyant pas dans la voiture, je lui pose la question. Et là effectivement on partait sans les affaires du porteur et la bouffe pour les jours sans lodge… Pendant qu’il récupère tout ça on se regarde avec Caro, dépités. On va quand même passer le Kumar à la moulinette du questionnaire garde à vue cher au Pater après nos retours de boum. On n’en ressort pas bien plus avancé mais notre guide a bien compris qu’il allait devoir serrer le jeu.
      
          Départ en taxi donc, en mode local à base de dépassements douteux et de klaxon permanent, on sort de Pokhara. Quelques kms plus loin, la voiture s’arrête en pleine route, le chauffeur descend et sort nos sacs du coffre pour accéder à la roue de secours. Je demande au guide si on a crevé, « non, il ressert les boulons »… Vous me direz qu’il vaut toujours mieux faire du préventif mais bon là, c’est pas le moment.
Suite du voyage tranquille jusqu’à Beni (je vous passe le passage de torrent avec 30 cms d’eau) où on se fait arrêter au poste de garde : on doit passer en taxi local pour là suite du voyage. Une petite Toyota de 41 ans nous attend bien sagement pour un parcours sur chemin uniquement. Tout est defoncé mais on arrive finalement à Galeshwar prêts pour l’aventure. Le plat de macaronis passe moyen, je crois qu’on n’est pas encore bien libéré.

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       Après ce départ mouvementé qu’on tenait à raconter qu’une fois revenu sain et sauf du trek, histoire d’éviter les sueurs froides à nos familles, le trek s’est super bien déroulé. Côté météo, nous avons eu un ciel dégagé tous les matins et quelques petites averses mais quasiment toujours une fois arrivés aux lodges.
Le résumé du trek au jour le jour avec les photos arrive très bientôt…

Petites photos avec notre guide et porteur

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Népal #1 – les premiers pas (1 au 3 octobre)

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Atterrissage à Katmandou aprés 12h d’avion. Le temps de faire le visa et de changer un peu d’argent et nous voici lancé dans la jungle urbaine dans une voiture à peu prés aussi agée que Caro. Le concert de klaxon et la meute de scooter à chaque feu rouge nous confirme qu’on est arrivé à bon port.
Un passage chez basecamp trek pour signer les permis et nous voici enfin à Thamel, le quartier touristique de Katmandou qui rassemble pensions, restaus et boutiques de matos de montagne. Le temps de se faire un petit restau avec menu local (9 plats) et nous voilà couché.

On rejoint ensuite pokhara en bus. Trajet épique. Ça double n’importe comment, on slalome entre les camions en panne au milieu de la route, ça freine au dernier moment au point que le passager du premier rang a fini a plat ventre dans l’allée centrale alors qu’on était tout juste sorti de Katmandou. Arrivée à Pokhara un petit lapin de la guest house qui devait venir nous récupérer nous rappelle que la vie de touriste est pleine de rebondissements. Une fois bien installés, petite ballade au bord du lac mais temps couvert donc pas de traces des montagnes censées faire la renomée du site. Le terrain vague voisin m’apprend que les locaux savent plutôt trés bien jouer au volley (rien à voir avec les asiats du Corvi2). Je me lance pas pour cette fois car c’est au complet mais ça donne envie. Puis en plus il est temps de faire connaissance avec l’orage népalais : en général une petite averse d’avertissement, puis une accalmie qui te voit repartir le coeur léger mais c’est sans compter sur la seconde lame aka le torrent. Donc en temps que novice, on n’a pas écouté le premier avertissement, on s’est abrité sous un arbre (brillant je sais mais y avait pas trop de foudre), puis sous une pauvre bache entre deux barques puis au bamboo café qui comme son nom l’indique bien ressemble plus à une cahute ouverte aux quatre vents (bien frais) qu’a un véritable abri. L’accalmie survient une heure aprés et nous permet de rejoindre le resto chinois le plus proche. Depuis on ne se déplace plus sans notre poncho.

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Deuxième jour à Pokhara et deuxième raz de marée mais avant ça on a quand même pu faire un tour de barque sur le lac et rejoindre ainsi le départ du chemin vers la pagode de la paix.

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Sympa mais comme y à toujours pas l’ombre d’un 8000 à l’horizon, ça ressemble encore pas mal au lac d’aiguebebelette cette affaire. C’est bien mais ça mérite pas non plus la suite dernière étage avec vue sur les montagnes qu’on s’est offerte grâce à l’avalanche de cadeaux du mariage. C’est décidé pour le retour du trek on book le rez de chaussée…
Petite visite du vieux Pokhara en fin d’après midi qui nous permet de côtoyer un peu plus les locaux car lakeside est vraiment la partie touristique uniquement. Ça nous permet de nous rassurer sur notre côté bêtes de foire, les gens nous regardent toujours tels deux géants sortis de nul part. Ça commençait presque à nous manquer depuis notre dernier séjour en Asie. Bon et cette fois ci pas de boulette on remonte dans le taxi qui nous attend à la première goutte de pluie et on fait bien car c’est réparti comme la veille. Et au lieu d’une route, c’est une rivière qu’on doit traverser pour aller manger au plus proche de l’hôtel. Je sens au regard de Caro qu’elle se pose des questions sur mes choix de destination : « t’inquiètes,  le Népal en octobre c’est le top »

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